Propositions europeennes pour La Lettre de l’Education – Article paru en novembre 2004 – Nelly GUET

March 18, 2009

Une loi d’orientation sur l’école, rédigée en 2004, peut difficilement faire abstraction de l’évolution des systèmes éducatifs européens.

 

Au sein d’ESHA, (European School Heads Association) association professionnelle crée en 1988, regroupant  53 000 chefs d’établissement exerçant dans 33 pays européens,  nous nous interrogeons principalement sur le « How ?» et non sur le « What ? ».Pourquoi  considérons-nous les contenus de l’enseignement  comme secondaires ? Sans doute parce que nous imaginons un même avenir pour nos élèves et que nous souhaitons nous engager pour le préparer !

 

En effet, d’Arkhangelsk à Las Palmas, de Nicosie à Reykjavik, entre 2010 et 2020, l’élève européen devra posséder les mêmes compétences. Listées par EURYDICE, elles ont été portées à la connaissance des Etats membres de l’Union, pour qu’ils en fassent usage et les intègrent dans leurs systèmes éducatifs respectifs.

 

Les colloques, les conférences, les conseils d’administration, mais aussi les échanges plus informels, ou encore, récemment, un séminaire en ligne, permettent à des chefs d’établissements primaires et secondaires, à des  inspecteurs, des responsables de formation, de mettre en commun leurs expériences, afin d’améliorer la qualité des études et la réussite de leurs élèves.

 

En comparant nos organisations et nos pratiques professionnelles, nous découvrons des méthodes de travail, souvent très éloignées de celles de la fonction publique française, caractérisée par le pyramidage et la hiérarchie. Nous constatons alors que l’objectif commun à tous en Europe, « l’intégration de chaque élève dans son école », ce que l’on nomme en France « la réussite de tous les élèves », implique dans nos différents pays, notamment ceux dont la tradition scolaire est la plus ancienne, des réformes d’ordre structurel.

 

Ainsi en Allemagne, pour ne prendre que cet exemple, le gouvernement fédéral a-t-il eu le courage de rompre avec les idées reçues et les traditions séculaires  en proposant aux Länder de transformer l’école de la demi-journée en une école de la journée entière, le jardin d’enfants en une école préélémentaire, ou encore de réduire la durée des études menant au baccalauréat de 13 ans à 12 ans, et d’expérimenter sur la base du volontariat l’autonomie des établissements. Pour bénéficier de ce statut d’autonomie, une majorité des deux tiers des voix du conseil d’administration est requise.

 

Ainsi pourrions-nous en France envisager un  pilotage plus déconcentré par les  Académies, les responsables territoriaux (corps d’inspection), l’encadrement intermédiaire (chefs d’établissements) impliquant un renforcement de l’autonomie de l’établissement et la responsabilisation :

Ø      des membres de la direction, au sens large, soit : le chef d’établissement adjoint, le ou les CPE, le gestionnaire-comptable, devenant ainsi des chefs de service, pilotant de véritables pôles stratégiques.

Ø      des professeurs, dont les responsabilités doivent  être étendues en interne et à l’externe.

Nous connaissons tous en France les délégations possibles en interne, car bon nombre d’entre nous les pratiquent déjà. A l’extérieur de l’établissement, elles correspondraient à un travail en réseau au niveau du bassin, par exemple dans le cadre de la formation des pairs et de l’orientation des élèves (relations avec les entreprises du bassin d’emploi, les partenaires culturels et institutionnels).  Ces responsabilités pourraient être aisément développées, car les professeurs français ont une capacité d’initiative et un degré d’autonomie qui le permettent. Ces compétences doivent toutefois être prises en compte dès le recrutement et la formation initiale, afin de faciliter la collégialité et le décloisonnement des fonctions.

Ø      des parents d’élèves, en les associant à l’évaluation du fonctionnement de l’établissement, les transformant ainsi en des partenaires internes.

Ø      des élèves, en les rendant capables de s’investir dans leur propre formation, voire même dans celle des autres élèves.

Ainsi  responsabilisés, s’appropriant mieux les résultats de leur école, leur collège, leur lycée, grâce au développement de l’évaluation interne, comme en Finlande, les  acteurs du système éducatif s’intéresseront davantage à leur établissement, dans son ensemble, et le voudront plus autonome.

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